23.01.2007
Quoi? Responsable?
La responsabilité, tout le monde en a ou devrait en avoir un bout. Pourtant quand on gratte un peu, on s'aperçoit que ce tout le monde cherche à l'éviter de toutes les façons imaginables.
"On m'a demandé de vous dire", phrase anodine. Qui ne paye pas de mine ni de rapine.
Et pourtant, on pourrait se demander dans beaucoup de cas, quel est le responsable de cet indéfinissable "on".
Beaucoup de langue ne traduise pas ce mot très facilement.
De manière imagée, le "on" est seulement un autre maillon très peu précis et qui ne veut pas dire son nom dans cette chaîne de l'information. Une autre boite aux lettres de l'étage du dessus.
On exprime au travers d'un parapluie ce qu'on voudrait, sans le dire, presque sans le vouloir.
Ce langage ésotérique n'est évidemment pas récent mais il s'est accentué sous le couvert d'email avec formule pré-enregistrées.
Je viens d'acheter une carte de vœux. Plus besoin, d'y ajouter quoique ce soit. Tout est pré imprime. Une mention est presque là pour demander de signer ici.
Avec le courrier électronique et ses cartes de vœux toutes faites animées à souhait, gratuites (enfin, pas vraiment, mais il faut appâter le chaland, non?), c'est tout à fait le cas. La boîte dans lequel on vous invite à ajouter du texte n'est pas obligatoire du tout.
Tout est prévu pour donner à celui dont c'est l'anniversaire le maximum d'agrément. Il n'est pas sûr qu'il ait le temps d'y jeter un coup d'œil à vos banalités habituelles. Vous avez eu le choix dans les cartes postales électroniques. Le reste ne vous regarde plus en temps qu'un utilisateur lambda.
Si le texte est banal, vous n'en pouvez rien. Point final.
Dans la précipitation, dans les situations d'exceptions, la volonté de bien à faire à bon marché sous le couvert d'autorités supérieures, cette manière de s'exprimer par tierce personne n’est devenu plus que naturel et suffisant.
Les portes drapeaux, mêmes virtuels sont légions. Donner des ordres déguisés et la caravane passe.
Nous sommes dans le monde des boucs émissaires fantomatiques avec chapeau virtuel intégré.
Ses ordres sont ils dans la note de la politique générale n'a vraiment pas d'importance.
Vous souvenez-vous du film "I comme Icare" avec Yves Montant mis en scène par Henri Verneuil en 1979. Un Président d'un état fictif y est assassiné, au cours d'une cérémonie. Le procureur Henri Volney, Yves Montant, refuse les conclusions de l'enquête et ouvre un dossier, un an plus tard, dans une commission parlementaire, comme on dirait aujourd'hui, et découvre une conspiration. Remake de l'affaire de JFK, bien sûr.
Dans cette enquête, il s'intéresse à la psychologie de son tueur et visite un laboratoire de recherche. L'expérience Milgram, qui vise à définir le niveau d'obéissance d'un individu à une autorité qu'il juge comme légitime. Plus besoin de réfléchir quand un ordre qui vient du plus haut possible en passant des échelons apparait sur le plateau du dernier.
Il est protégé. Il a l'aval.
Les instructions idiotes, inutiles, fautives ou mêmes fictives arrivent miraculeusement au niveau où elles seront exécutées sans discussion. Quand les échelons du management apportent un filtre, il s'avère qu'en plus la légitimité est offerte avec plus de poids. Elle a été contresignée. La chaîne connaît d'ailleurs parfaitement le principe.
Les "on" se multiplient par couches successives de parapluies, de parasols, de paravent.
L'instruction et les ordres viennent d'en haut, c'est tout.
Fortes têtes, pleines de dépits, s'abstenir. Ce sont-elles qui vont sautées en premier.
Responsable, personne ne l'est plus vraiment. Ni l'exécutant, ni le commandant. La responsabilité est partagée, elle est diluée.
Vous avez des fournisseurs qui ont eux-mêmes, leurs fournisseurs. Cascades de reproches si les choses ne tournent pas comme le désirerait le consommateur final. Souvent en pure perte.
D'autres commissions parlementaires plus récentes se sont conclues par des non-lieux ou des blâmes légers qui n'ont même pas été supportés en définitive par le condamné de pacotille.
L'insidieux mail qui vous est parvenu n'a été que l'outil de la cascade. Il a en plus été dilué dans son effet, par les "copains" d'importances tellement peu semblables.
Le surréalisme, en plus, est de la partie.
Plus commun, encore, dans le domaine du "service sur mesure". Que pourrions-nous comprendre par "Dépannage 24/24h" quand un service tombe en panne? Pour fixer les idées, commençons par la télédistribution. Normalement, il vient à l'esprit qu'à n'importe quel moment de la journée, on pourrait espérer avoir quelqu'un pour dépanner. Nenni. Tout faux. Ils ont 24 heures pour vous dépanner. Avant l'échéance de ces 24 heures, aucun action de la part du client ne portera ses fruits. "On a le temps" sera la réponse instinctive et énervée. C'est à dire qu'entre temps, c'est le calme plat de votre côté pour ne pas augmenter votre tension inutilement. vous n'aviez qu'à appeler plus tôt.
Les services "HelpDesk" sont aussi une manière de faire temporiser un client trop sérieusement touché par l'attaque cardiaque. Dans les grands organismes, ces services de collecte d'informations et de l'après vente, se révèlent parfois multiples avec des responsabilités partagées ou parallèles dépendant du point de vue. L'administration prend la mesure financière de vos problèmes, le service technique, la mesure en centimètres de l'étendue de vos déboires.
Le langage est différent et les passassions d'informations aléatoires ne se structurent pas de la même manière et avec les mêmes mots. Alors, dire que les autres ont fait l'erreur est la solution de facilité. Le ping-pong commence et vous, arbitre, allez devoir compter les points... de conduite. Il est de coutume aussi de responsabiliser le client. "Vous n'avez pas rempli une partie de vos obligations". Non, peut-être. S'ils réussissent à vous convaincre de votre "culpabilité", c'est déjà un point de gagner.
Les causes de force majeur sont invoquées aussi pour dédouaner les plus innocents. La télédistribution a sauté à cause de la tempête. Sans blague?
Pour rendre la réplique encore plus difficile, la plupart des Helpdesks, sans que vous vous en doutiez, est transférée vers des pays de l'est de l'Europe ou des Indes. Pas de problèmes de langue, mais certainement de culture. On ne peut pas tout connaître et assimiler.
Je suis sûr que vous avez de multiples cas de "conscience" en vous posant la question du "Stop ou encore" et de poursuivre ou non tout contrat avec de tels fournisseurs.
J'ai personnellement un cas bien réel, commencé par un enregistrement aux services complets de Belgacom le 25 novembre 2006 lors du salon Zénith. Il n'est à l'heure actuelle pas encore sur le chemin de la résolution et de la ... satisfaction du client, moi en l'occurence.
En Belge attentif, nous avons tous entendu et vu les publicités de notre organisme de téléphonie national qui inonde nos ondes depuis bien longtemps.
Cette société, voyant son chiffre d'affaire diminué par l'intermédiaire des téléphones fixes, s'est lancé dans la télévision par l'intermédiaire de l'ADSL permettant le service de téléphonie et télévision complet par la nouveau venu, BeTV. Ce service tente de supprimer tous les cables. Il permet d'être à la page du sans fil WiFi.
Votre humble serviteur aime la technologie du futur et s'est inscrit à ce full service. Des promos alléchantes, trois mois de gratuité et les appareils de connection offerts. Comment résister? Signature et engagement d'installation pris pour le 11 janvier 2007. Allez, Ruckus, fonce !
A la date fatidique, personne, pas d'équipement et pas de téléphone dû au changement de ligne. Le helpdesk est là. Cela devrait s'arranger, se dit-on. Et bien, non. Une erreur d'inscription a fait dévier l'ensemble vers les affres de l'oubli. Personne ne peut donner de timing nécessaire à la "réparation" physique. La réparation "morale", elle, n'est certainement pas à l'ordre du jour.
Certains osent pourtant vous consoler en vous promettant un coup de fil de précision pour le soir. Le soir est comme tout le monde sait, bien plus tard ou plutôt bien plus jamais. Et on tourne la page jusqu'au lendemain. Il faut bien laisser du travail pour le lendemain. La télé et le dernier film, ce ne sera pas encore pour le soir. Le matériel ad hoc est arrivé depuis quelques jours, mais cela fait une belle jambe puisque l'activation, elle, dort avec un blocage de process sur coussin douillet.
La boucle est devant et le carrousel est lancer à petite vitesse. Les responsables, on les cherchent encore. Ah! oui, pardon. Cette fois, c'est l'ordinateur. Curieux, ma profession d'informaticien m'a toujours appris qu'il y avait des hommes aux commandes.
En attendant, quotidiennement, je continue "à pisser dans un violon". Le 0800.33.331 me donne sa son coup de violon plein tube. Pas d'énervement, car, sinon, on coupe le sifflet du vilain canard.
(Le dossier chez Belgacom, si quelqu'un est intéressé, est le n°7603751).
Le "courage, fuyons" est, il faut bien le dire, une maladie très contagieuse.
La solution miracle sera le perpétuel "Je ne savais pas" ou "je n'en peux rien".
L'Enfoiré,
Citations :
"La désobéissance civile est une forme de responsabilité et appelle à davantage de responsabilités.", André Gliucksmann
"Plaider l'ignorance n'enlèvera jamais notre responsabilité", John Ruskin
."La responsabilité est le prix à payer du succès", Winston Churchill
."Société : système ingénieux pour obtenir des bénéfices individuels sans responsabilité individuelle", Ambrose Bierce
08:19 Écrit par L'Enfoir dans Entreprises | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : responsabilite, reflexion, commerce |
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21.10.2006
Juste un coup de frein
Le temps existe. Je l'ai rencontré. Il ne reste plus qu'à presser la pédale de frein. Vous ne parvenez pas à vous endormir. Vous vous retournez et retournez encore, et le sommeil ne vient pas.Vous vous énervez et pourtant c’est le moment de vous rendre compte que le temps existe vraiment et qu’il peut être long. Ecouter s’égrener les secondes à l’horloge vous donne enfin l’impression et la conscience qu’il existe autre chose que la vie trépidante.Cette pensée vous permet de rêver au passé, aux bons et mauvais moments de la journée écoulée. Rendre en fait le temps au temps. La nuit est conseillère, espérons qu’à votre réveil, il en restera quelque chose.Pourtant, au matin, la routine reprend le dessus, avec ses obligations stressantes.Par habitude, vous voulez dépasser la voiture qui vous précède dans la file et qui vous semble se traîner lamentablement (il a peut-être lu cet article avant vous).Un conseil ? Restez bien sagement derrière lui et regardez à gauche et à droite. La nature vous a probablement échappé jusqu’ici, les choses ont changé sans que vous en ayez pris conscience.Au bureau, prenez le temps de planifier votre travail. Réservez-vous des temps de vie (non des temps morts, quelle drôle d’idée) pour espacer vos actions journalières.Votre patron vous relance et vous replonge dans le stress habituel, qu’à cela ne tienne. Restez zen. Et comme vous avez programmé votre temps, vous aurez une vue plus claire des objectifs de la journée et de ce qui reste important à votre vie. Refusez la fuite en avant.Au besoin, faites lui lire cet article. Malgré ses impératifs, peut-être réfléchira-t-il aussi à son propre intérêt en temps qu’Homme, qui calmerait son stress et épargnerait sa santé.Le livre de la vie se lit et se savoure mot à mot, phrase par phrase, chapitre après chapitre.Ne tournez pas une page sans en avoir compris tout le sens.Contrôlez le déroulement de l’histoire avant de passer au chapitre suivant.Au fur et à mesure que vous avancerez dans la lecture, vous éprouverez peut-être des envies d’en connaître la suite, d’en deviner une part du dénouement.Surtout évitez de brusquer les choses, car ce livre-là est à sens unique. Pas question de relire une page non assimilée et qui vous a fait perdre le fil.Un coup de frein s’impose très vite de peur de rater la marche décisive.Le livre n’a pas un nombre de pages illimité et ce serait dommage d’approcher de la fin en vous retrouvant tout désorienté sans savoir si le temps n’est pas passé au dessus de votre tête à votre insu.Un autre livre est un luxe que nous ne pouvons pas nous payer, et arrivé à la dernière page, nous pouvons espérer que le résumé du livre soit à la hauteur de nos espérances.Ce soir, en allant vous coucher, en repensant à cela, vous verrez que les bras de Morphée vous seront grand ouverts et que la journée fut bonne.L'enfoiré,Citations : "Au fond... la vie est une sorte de machine à voyager dans le temps", Philippe Geluk "Quand on a le sentiment que le temps est compté, on agit plus et plus vite", Nicolas Sarkozy "L'innocence et la beauté n'ont d'ennemi que le temps", Wiliam Butler Yeats "Le seul temps vraiment perdu est celui qu'on passe à regretter les occasions manquées.", Grégoire Lacroix "-Mais pourquoi courent-ils si vite ? - Pour gagner du temps ! Comme le temps, c'est de l'argent... plus ils courent vite, plus ils en gagnent", Raymond Devos "Vivre, c'est se réveiller la nuit dans l'impatience du jour à venir, c'est s'émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c'est avoir des insomnies de joie", Paul Emile Victor "Comme l'éternité doit sembler longue, surtout vers la fin", Woody Allen "L'homme n'a point de de port, le port n'a point de rive, il coule, et nous passons", Alfonse Lamartine
14:42 Écrit par L'Enfoir dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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30.09.2006
Au diable, les partis
Dire une chose pareille, est-ce un parjure ou simplement le raisonnement de celui qui se veut au dessus de la mêlée?
Autant je déclare haut et fort que l’esprit d’équipe doit être l’arme la plus efficace du progrès, de toutes les avancées dans la technologie et la science, autant je dirais que l’individu, la personnalité au niveau de la politique est bien plus importante.
Oui, je veux parler du culte de la personnalité qui est, et je n'engage que moi, une bonne chose s'il est bien utilisé et bien compris.
En politique, les bonnes vieilles Droite et Gauche ne se confondent-elles pas de plus en lus ? Le clivage est de plus en plus flou et n'intéresse plus vraiment l'électeur qui voudrait au contraire voir une amélioration dans sa vie de tous les jours indépendamment des moyens pour y arriver.
Les idées qu’elles défendaient par le goût du schisme et de l’affirmation par l’opposition des principes trouvés dans l’exclusivité s’effritent de plus en plus dans les faits. Le parti des verts, par essence, n'est pas associé à ce jeu démocratique bilatéral.
La définition des objectifs n'est plus aussi coulée dans le marbre. Les clivages droite-gauche ne sont plus ce qu'ils étaient. Les événements changent la donne et obligent à revoir les statuts en permanence. Les politiques ne sont plus indépendantes de la situation économique des pays limitrophes. Il est curieux de constater le changement d'appréciation, sinon de politique, de ce que l'on appelle le "parti libéral". Etre libéral, à l'origine, était d'avoir des idées futuristes, progressistes et pleines d'allant libertaires. Aujourd'hui, on associe le libéralisme au patronat, au mondialisme tant décrié. Le parti libéral, même s'il le conteste, se rallie à la droite conservatrice. Le socialisme, lui, de gauche est resté une idéologie essayant de s'attirer les ouvriers et les travailleurs. Il ne manque tout de même pas d'ouvrir son horizon et s'échappe, contraint et forcé, de l'idéologie de base en se rapprochant d'idées qualifiées de la droite conservatrice. Donc, on pourrait se poser la question du "Libéral", progressiste, oui, mais pour qui?
Les extrêmes se rejoignent et se retrouvent souvent au centre de l’échiquier. Si la gauche a défendu le social contre vents et marées venant de la droite libérale pendant les périodes d'euphorie, les moyens manquent dans nos années actuelles de vache maigre. Le social ne peut prospérer sans la richesse générée. La complémentarité est inéluctable. Tout à fait d'accord.
Quand un socialiste et un homme de droite se rencontrent la tension entre les deux façons de voir les choses, ne veulent pas dire que l'un a entièrement raison et l'autre entièrement tort mais plutôt que l'un a un peu tort et l'autre un peu raison. Les conclusions qui apportent une discussion constructives sont celles qui retiennent finalement les éléments positifs de chaque point de vue. L'histoire ensuite jugera (Hegel). Plus l'opposition sera énergique, plus le progrès sera grand.
Les bonnes idées sont revendiquées (heureusement) de droite et de gauche. Certains parlent de flou politique.
Un mal ? Non, bien sûr. La conciliation, vraie, celle qui aura l’approbation de tous à l’unanimité ne pourrait que logiquement se retrouver même dans les camps ennemis de conception. Dans cette mixité d'idées communes, on arrive à se demander où sont les spécificités. L'esprit d'équipe est toujours profitable mais peut-être avec plus de pluralisme que celui qui pourrait se cantonner dans les limites d'un parti.
Nous assistons aussi de plus en plus à la création de partis très corporatistes. Les dernières élections en Israël sont là pour le confirmer. En perte de vitesse, plus aucun parti traditionnel ne parvient à rafler les votes nécessaires pour s'installer sans une multitude de petits partis et former une coalition. Assez révélateur ou peut-être amusant, le parti des retraités y a, par exemple, a fait un tabac. Plus de pragmatisme, changement de paradigme sont les maîtres mots.
En Belgique, les "fameuses affaires Carolo" associées au PS ont occupé les médias pendant une grande partie de l'année 2006. Des "indélicatesses" dans le chef de certains membres se voyaient comme une affaire de parti plutôt que d'homme. Pourtant, ce genre de pratiques frauduleuses nommées de manière volontairement imprécises de "dysfonctionnements" est bien affaire d'homme et non d'entité. Le politicien oublie vite qu'il a été élu par des citoyens qui espèrent un retour à leur vote.
Comme j'ai déjà eu occasion de parler de la démocratie avec les articles "Vivre dans un monde démocrate, ça vous gratte?" et "Coup de pouce à la Démocratie", je n'y reviendrai pas sous cet aspect.
Les personnalités de plusieurs horizons apportent à mes yeux plus d’assurance d’originalité et d'idées. La particratie n'a plus la cote et est pointée du doigt comme "à rejeter", par les partis eux-mêmes. Idée iconoclaste? Peut-être. Personnellement, j'accorde plus d'importance à des idées, à des programmes qui eux sont bien tangibles et concrets. La couleur politique peut se confondre aux idées, mais pas toujours.
Dans le monde politique belge, de "grosses pointures" confirment d'ailleurs cette idée de personnalités marquantes. 2005 a été riche en création de postes de haut niveau cumulant de multiples mandats et fonctions sur la tête des mêmes mandataires politiques. Didier Reynders, tout d'abord, avec les fonctions de Président du Parti Mouvement Réformateur, de Vice-Premier Ministre et de Ministre des Finances. Elio Di Rupo, ensuite, après les "Affaires" carolorégiennes, en plus de la Présidence du Parti Socialiste devenait Ministre Président de la Région Wallonne. Le phénomène n'est pas rare. La Grande Bretagne, la France et l'Allemagne ont des situations semblables. Il est cependant plus difficile de faire la gestion d’une coalition de partis plutôt que d'avoir un parti homogène.
Juste avant les élections, que de haches de guerre sont déterrées... Ce qui jusque là était tenu sous le manteau, tout à coup, ressort dans la pleine virulence. Des petites phrases assassines ne manquent pas de jeter l'huile sur le feu lors de rassemblements populaires.
Devant le bureau de vote, je me suis souvent senti mal à l’aise dans le devoir de choisir une liste plutôt qu’une autre. Certains membres, pour lesquels je me sentais en synchronisme d’idées, se retrouvaient dans des camps différents. Le vote, en Belgique, est obligatoire. Le panachage des votes n’étant pas permis et pourrait faire rejeter ma voix, j’ai dû me résigner à opter pour une liste qui en principe aurait du être en conformité générale avec mes opinions mais qui me bridait dans mon choix. C'est encore plus vrai, quand il s'agit de voter lors des élections sociales. Dans ce cas particulier, il s'agit de collègues bien connus qui se présentent sur les listes. Candidats, bien connus de tous et qui ont dû choisir un camp précis avec un bagage bien moins limité à une couleur.
Aujourd'hui, cette obligation de choisir une liste ou certains candidats d'une même liste me semble bien obsolète. Si par le passé, une opinion politique se cantonnait plus derrière une idée générale associée avec un parti en fonction de ses origines, de son niveau social, il n'en est plus de même dans une population mélangée et plus au courant par la médiatisation qui en est faite. Le résultat des élections prouvent que, dans une démocratie, un parti doit toujours partager son pouvoir avec d'autres partis. C'est aussi une preuve d'obsolescence du vote tel qu'il est pratiqué.
Pourtant, des statistiques parallèles aux votes officiels des élections des partis sont organisées et sont très prisées non pas seulement pour leur succès d’estime.
Le challenge pour les hommes politiques de se trouver dans les places de tête est considéré à sa juste valeur.
En France, à la veille des élections présidentielles, la préférence sur le ring semble être les extrêmes. Chacun essaye de placer ses pions aux places stratégiques en empiétant souvent sur le terrain de jeu des adversaires. Au centre, on ne roule pas les mécaniques mais on pourrait faire la surprise par une vision plus pondérée et plus sereine.
Aux Etats-Unis (comme ailleurs), lors de chaque élection, des candidats indépendants se présentent et ne manquent pas de contrecarrer les partis traditionnels. C'est une preuve de plus: l'envie d'"évasion" de l'électeur par rapport à la tradition.
Le Japon a passé plusieurs années récentes dans un climat sombre après les succès qui faisaient même trembler économiquement le pays le plus fort du monde.
Les taux d’intérêts réduits à leur plus simple expression reflétaient l’état de récession dans lequel il était tombé.
Pourtant en 2001, le Japon en pleine déconfiture, a vu arriver la personnalité d’un premier ministre atypique en la personne de Koisumi qui, doucement mais sûrement, remettait son pays sur les rails du succès. La remontée incessante des cours du la bourse de Tokyo en témoigne.
Sous le chapeau du Parti Liberal Démocrate (PLD), très conservateur, il a apporté un vent nouveau par son style et par son discours.
Ces détracteurs qui se retrouvent dans les rangs de son propre parti ne manquent pas de lui reprocher son blabla et ses formules à l’emporte pièce qui, d’après eux, n’auraient pas été suivis de réels résultats positifs. Avec le recul, force est de constater que son accent n’a pourtant pas été que populiste car les résultats sont bel et bien au rendez-vous par la confiance retrouvée dans la population japonaise et la bourse de Tokyo qui bat record sur record ces derniers mois (sources: "L'Echo" du 12 août). Ce premier ministre vient de céder la place à un autre. Le nouveau parviendra-t-il à calmer l'exubérance? Quand on sait qu'il y a 30.000 suicides par an, c'est à dire 10 fois plus qu'il y a 10 ans, vu le surmenage que cette situation engendre chez un tiers des actifs ne prenant jamais de vacances et vivant dans un état de fatigue chronique (appelé Karoshi, mort de trop travailler).
Ce 15 janvier, Michèle Bachelet a été nommée première présidente du Chili. Véritable tsunami de gauche titraient les articles journalistiques tout en ajoutant qu'elle ne faisait pas partie du mouvement des gauches-américaines habituel. De plus en plus de pays d’Amérique Latine se retrouvent dans «une» gauche bien différente l’une de l’autre et surtout de celle que l’on a l’habitude de connaître.
Désolé de devoir le constater, tous les partis ont des « perles », des "locomotives" qu’il faut faire émerger mais n’en déplaise à certains, comme dans toute activité humaine, les partis, eux aussi, cachent des « suiveurs » qui n’auront d’autres fonctions que de faire la claque de l’approbation derrière leur leader. Les ministres qui gouvernent en "playback" existent. Les gestes du chef se retrouvent avec seulement une musique aux intonations particulières.
L’homme est ainsi fait, ce fait incontestable n’est pas un mal en définitive, les autres ont aussi leur rôle à jouer de soutien et de construction de la théorie idéologique. Déceler l’un par rapport à l’autre est une clairvoyance qu’il faut cependant garder comme une obligation.
Aux Pays-Bas, Pim Fortuyn, populiste à l'extrême, a bien démontré ce que désirait de lui la population. Après son assassinat, il était désigné bien après comme "Plus Grande personnalité de son pays".
Des projets de société, une société à grands projets proches des gens. Voilà le but à atteindre indépendamment des idéologies de droite ou de gauche mais qui correspondent aux besoins immédiats ou plus lointains. "La révolution n'est ni de gauche, ni de droite, elle est en face de nous" écrivait un autre bloggeur.
Et ce ne sont pas les partis des extrêmes qui apporteront des solutions. L'histoire est là pour le rappeler. Et je n'ai pas envie de revivre des épisodes malheureux. Les hommes politiques doivent se rapprocher des gens pour le bénéfice de tous. C'est un minimum. Comment? Je n'ai pas encore de solution parfaite mais reconsidérer les règles de la politique pourrait ouvrir une voie de sagesse. Une idée pourrait se présenter par la simple copie de ce qui se passe ailleurs que dans la politique. Dans les sociétés commerciales, dans la société elle-même des audits indépendants sont à la base de cotation à la suite d'analyse de la situation de l'intérieur sans tergiversation et avec sanction à la clé. Des audits sont bien entrepris de haut en bas pour se rendre compte de l'efficacité des fonctionnaires. Pourquoi pas dans les tours d'ivoire en véritables citoyens responsables? Un référendum-sondage, par exemple, serait aussi une manière de répondre à la question de "Stop ou encore".
Il est vrai que dans la même société commerciale, on est très loin de la démocratie populiste. Les décisions se prennent bien au dessus des têtes dans un petit comité qui n'a pas du tout les objectifs de protection que l'on pourrait espérer pour le progrès global. Les suivants ou queues de pelotons participent au développement éventuel mais ne votent pas pour le destin de l'entité commerciale.
Certains vont plus loin encore dans le raisonnement et remettent en cause le droit de vote et la démocratie. Il est vrai que de devoir voter pour quelque chose qui ne s'appréhende pas avec le maximum de compréhension relève de la gageure. La complexité du monde est telle que seuls des spécialistes pourront en connaissance de cause choisir la meilleure option entre beaucoup d'autres. Faut-il laisser la main aux seuls experts ou ceux qui sont habilités par leur antécédents? Pas sûr. Ce serait se décharger en Ponce Pilate de la politique ("polis" ville). Je suis un défenseur de la démocratie. Je l'ai dit ailleurs. Mais elle doit être responsable et parfaitement bien comprise dans son principe et dans son aboutissement. Pas pour se donner ou à d'autres bonne conscience. Elle ne doit pas donner un ticket d'entrée dans l'arène de la gloire. Il faudra toujours pouvoir accepter dans ce cadre grandiose des applaudissements ou des réprobations avec le pouce pointé vers le sol. Chaque étape du processus validé, coté, approuvé ou rejeté au plus vite par référendum. Alors, l'abstention dans la majorité des pays avec vote non obligatoire, serait-elle la réponse? Non, les absents ont toujours tort. Il faut se mouiller mais en ayant reçu la compétence de la saveur de l'eau.
Il ne faut pas perdre de vue que comme dans toute entreprise humaine, avec le temps, les meilleures initiatives s'étiolent. Une usure du pouvoir s'installe tôt ou tard. Les changements s'imposent alors absolument. Voilà bien le point positif de la démocratie par les élections: remettre en question les grandes idées de départ, quitte à les changer du tout au tout.
Mais, des bâtons jalonnent les chemins très homogènes de la particratie. Un électron libre se présenterait avec des idées trop révolutionnaires, ou en marge du parti auquel il s'apparente, et le voilà pointé du doigt comme hérétique et n'ayant plus le droit de rester dans les rangs et de bénéficier des appuis en rapport avec sa position. Dissident, s'abstenir sous peine d'excommunication en bonne et due forme. Devenir victime de l'ostracisme de son parti devient la sanction pour l'impudent. Etre traité de facho est l'étape finale.
Il faudrait pouvoir retourner chez les grecs anciens pour leur demander un suivi à leur invention de la démocratie, pleine de promesses mais si pas obsolète, à revoir dans son concept moderne de mixité voulue ou non. A cette époque, la complexité des décisions n'imposait pas trop de connaissances. Les choses ont changé et notre civilisation a pris de l'âge et de la sagesse. Cette sagesse ne doit pas se conclure par le lynchage des candidats suites aux débats médiatiques, mais permettre une meilleure confirmation pour son bon choix.
Le progrès ne passe plus qu'à force d'idées neuves et par les personnalités qui sortent de l’immobilisme des conventions et de la langue de bois. Cela, aussi, il faut en être convaincu.
Les Hommes et l'Histoire, c'est le titre sur le sujet du journaliste Hugues Le Paige de la RTBF par l'intermédiaire médiatique:
Le point de vue de Michel Rocard était: "Par une pente naturelle dépendant des caractéristiques mêmes de l'image, les médias choisissent, et, au total, ne savent nous parler que des hommes ou des femmes, des personnalités, de leur charisme, de leurs conflits, de leurs choix, et occultent tout le contexte des structures collectives, matérielles ou intellectuelles, qui finalement font la vraie décision ou, du moins, en fixent les limites". Diagnostic pertinent car si, parfois, DES hommes font bien l'histoire, c'est parce LES hommes, dans leur ensemble et leur complexité, ont fait des choix collectifs et ont été les créateurs de rapports de force qui permettent ensuite à un ou des dirigeants de les concrétiser. Il en va du moins ainsi dans les démocraties.
Certes DES hommes comprennent mieux et plus vite que d'autres les possibilités du réel. Ils peuvent en être les gérants actifs ou passifs, audacieux ou prudents. Mais la politique ou les politiques sont d'abord le fruit de l'entrelacement complexe de rapports économiques et sociaux, d'hégémonie culturelle, d'imposition idéologique, de sentiments identitaires à travers le fonctionnement d'institutions collectives plus ou moins adaptées. Et l'histoire peut effectivement s'accélérer lorsque des hommes rencontrent, incarnent et parfois même anticipent ces aspirations. Des hommes peuvent bien incliner l'histoire même fortement, seuls ils ne peuvent pas l'imposer.
Image de la politique, politique de l'image, le binôme forme un couple éternel. De tout temps les hommes politiques - du simple élu au chef d’Etat- ont légitimement veillé à leur image, inséparable de leur force de conviction. Et dans le cours de l'histoire les différents médias les ont représentés en fonction de critères variables où le charisme personnel le disputait aux affinités idéologiques, les choix collectifs ou les intérêts individuels se mêlant aux programmes et bilans politiques. Mais dans la représentation, le politique restait largement central. La coupure est arrivée avec la télévision et le triomphe progressif et irrésistible de l'image reine. Désormais la primauté de l'émotion et de la personnalisation du message modifiait les règles du jeu. On assistait à un renversement culturel, à une modification du rapport de force : depuis qu'elle est enjeu du marché et de la concurrence à outrance, la télévision a bouleversé la hiérarchie de l'information et tout formaté en spectacle. Pour plaire au petit écran, la politique doit être dorénavant distrayante, nous dit-on. Les hommes, et les femmes politiques se sont adaptés, le plus souvent sans grande résistance de peur de perdre cette nouvelle légitimité dont la télévision se veut détentrice. La communication l'emporte sur le message parfois jusqu'à la caricature. Victime de ses séances de « média training » délivrés par quelques transfuges ou clandestins du petit écran, l'homme politique doit apprendre à enrager avec le sourire même si celui-ci devient grimace et le ministre doit s'excuser de sa mauvaise communication plutôt que d'expliquer sa défaite politique. La responsabilité de cette dénaturation de la représentation est bicéphale : médias et politiques sont également coupables. Les uns pour avoir imposé les règles, les autres pour les avoir observés. Heureusement parfois des grains de sable bloquent la machine. A contre-courant certains brisent le carcan pour rappeler la vanité de l'image et la vérité du discours. Et puis n'oublions pas que chacun d'entre nous perçoit l'image en fonction des diverses influences dont il est le siège. Heureusement - heureusement-, d'une certaine manière, nous sommes tous, comme le dit un sociologue « des coproducteurs de nos perceptions ».
En somme, quand il s’agit de penser « politique », la tradition se veut garde-fou mais pas source de l’évolution.
L'enfoiré,
Citations :
"Etre de gauche ou être de droite, c'est choisir une des innombrables manières qui s'offrent à l'homme d'être un imbécile ; toutes deux, en effet, sont des formes d'hémiplégie morale.", José Ortega y Gasset
"Les électeurs de droite sont avares avec leur argent, ceux de gauche sont généreux avec l'argent des autres.", Alain Remi
"Je ne suis pas un homme de parti, mais je défends des causes", Théodore Monod
"La droite a gagné les élections. La gauche a gagné les élections. Quand est-ce que ce sera la France qui gagnera les élections ?", Coluche
"Pour ma part, je dirais simplement : oui aux partis politiques, mais non à l'esprit de parti.", Raymond Barre
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07.09.2006
Je t'aime, moi non plus, une fois
L'éclatement de la Belgique comme les Flamands semblent le penser ou le vouloir. Voler de ses propres ailes n'est pas gratuit de part et d'autre d'une frontière que l'on ne voudrait que linguistique.
JPJA : Hervé Hasquin, la Marseillaise, ça vous fait vibrer ?
HH : Oui, c'est un grand chant patriotique et c'est tout de même le symbole de la révolution française qui nous a apporté la liberté à la fin du XVIIIe siècle, parce que comme je le dis souvent à mes étudiants, qu’on l'aime ou qu'on ne l’aime pas la révolution française, il faut être parfaitement conscient qu'en tant que belges, nous en sommes les héritiers directs, puisque nous avons été citoyens français entre 1794 et 1814-1815 et que par conséquent toutes les grandes structures de l'état belge telles qu'elles ont existé, notre droit, les poids et mesures, les circonscriptions administratives, etc., l'organisation des tribunaux, tout cela est un héritage de la France, de même qu'un certain nombre de principes fondamentaux sur les libertés, et l'égalité. Voilà donc notre héritage par rapport à la France, c'est absolument considérable et à cet égard, sur le continent, nous sommes sans doute ceux qui sont le plus tributaires de la France et de son histoire.
JPJA : C'est mieux que la Brabançonne ?
HH : Vous trouverez des paroles comiques et qui peuvent paraître choquantes aujourd'hui dans la Marseillaise, vous trouverez les mêmes excessives dans la Brabançonne, n'est-ce pas, "l'esclave sorti du tombeau" et des choses comme celles-là. C'est un rien comique également. Mais vous trouverez ce genre d'affirmation un peu rapide, sentimentale, excessive, romantique...
JPJA : Parfois sanguinaire ?
HH : Parfois sanguinaire, même souvent sanguinaire, dans tous les hymnes nationaux.
JPJA : Paul-Henry Gendebien, vous vibrez davantage avec la Marseillaise qu'avec la Brabançonne ?
PHG : Mais je vibre avec la Marseillaise et je ne vibre pas avec la Brabançonne que d'ailleurs plus personne ne connaît et que plus personne pratiquement ne chante. Je voudrais embrayer sur ce que vient de dire monsieur Hasquin. Il a parlé en tant qu'historien. Certes, nous sommes redevables à la France et à la révolution française d'un certain nombre d'idées de la liberté, de l'amour de la liberté, de l'amour de la démocratie. Mais ici, je pense que en ce jour, il ne faut pas uniquement faire référence à l'histoire et lorsque nous pensons que la Wallonie serait mieux à l'intérieur de la république française, ce n'est pas en raison de l'histoire parce qu'à ce compte là, nous avons été romains, grâce à un certain Jules César, ce n'est pas pour autant que nous devrions demander le rattachement à l'Italie.
JPJA : Mais alors, la France qu'est-ce qu'elle pourrait nous apporter dans l'avenir ?
PHG : Je pense qu'il faut se situer en terme politique. L'adhésion à la France, c'est l'adhésion à une patrie, mais c'est aussi l'adhésion à un régime politique, essentiellement la démocratie républicaine. Et ça je crois que c'est extrêmement important à l'heure et à l'époque où le Wallon, le Francophone, ne croit plus dans l'avenir de la Belgique. Il faut le constater comme tout le monde. Il y a un malaise considérable dans l'opinion publique où on sent bien que la Belgique cela ne marche plus, où on sent bien que le fédéralisme belge est un échec et qu'il faut trouver autre chose.
JPJA : Alors, Paul-Henry Gendebien, allons jusqu'au bout. Vous rêvez quoi ? D'une prise de la Bastille et d'une décapitation de la monarchie ?
PHG : Je crois que le romantisme n'est plus de saison. Et il faut être réaliste. Il faut se rendre compte que la Belgique est au bout du rouleau, qu'elle vit probablement son dernier quart d'heure, elle est presque morte mais elle ne le sait pas encore officiellement. Il est donc urgent de chercher autre chose, de trouver une patrie, un état de rechange. Je crois donc que ce n'est pas, évidemment, par la violence, par une prise de pouvoir que vous évoquez que les choses se réaliseront. Il y aura, au contraire, à un moment donné un blocage du système belge et une négociation à l'amiable, raisonnable et pacifique à l'instar de celle qui a été menée entre les tchèques et les slovaques en 1992 pour trouver une solution, je dirais, civilisée à un conflit interminable et insoluble.
JPJA : Hervé Hasquin, votre analyse ? Votre réponse même ?
HH : D'abord je dirais qu'il existe des républiques monarchiques et l'actuelle France tient encore beaucoup de Louis XIV et Napoléon et qu'il existe des monarchies républicaines et il m'apparaît que la Belgique en est un parfait exemple de démocratie. Deuxièmement, je crois que jusqu'à preuve du contraire, la Belgique existe toujours. Vous avez devant vous quelqu'un qui est fédéraliste depuis toujours. J'avais 17 ans quand je suis entré à l'université et les grèves de 60-61 éclataient et j'ai pu vivre concrètement, presque physiquement, moi qui suis un fils du pays de Charleroi, l'évolution de la Wallonie, sa crise, son ampleur, et le mépris que l'on avait à l'égard de cette Wallonie. Et ma conviction fédéraliste est née à ce moment là.
JPJA : Mais est-ce que vous n'avez pas le sentiment quand même, Hervé Hasquin, je vous ramène déjà à aujourd'hui et peut-être même à demain, c'est-à-dire à 2007, que l'on est dans un moment très important avec un round communautaire qui s'annonce particulièrement dur ?
HH : Oui, mais il y a une dimension que l'on oublie dans le débat actuel. Donc, pour ma part, je n'ai aucune illusion sur les sentiments de la Flandre à l'égard de la Belgique et je pourrais vous faire la démonstration que toute une série de statistiques que l'on donne faisant croire à la population francophone que les flamands restent malgré tout belges, sont pipés, parce que qu'est-ce que ça veut dire encore être belge ? Si vous voulez régionaliser tous les impôts, si vous voulez régionaliser la sécurité sociale, etc. Il faut voir ce qui se cache derrière ce contenu. Ils veulent être belges encore à toute une série de conditions qui sont relativement inacceptables. Mais la Belgique, ce n'est pas que la Flandre et la Wallonie. Il y a Bruxelles. Et Bruxelles, il y a tout de même 90% de Francophones. Et il faut tout de même prendre conscience du fait que si la Belgique a évolué, et elle évoluera sans doute encore beaucoup, et que si un jour les flamands décident de larguer les amarres et de s'en aller, ils pourront peut-être le faire, ça n'empêchera pas que la Belgique puisse encore exister dans le cadre d'un espace Wallonie-Bruxelles, parce qu'on l'a déjà dit à plusieurs reprises, mais la démonstration en est faite au quotidien: la Wallonie a besoin d'une grande vitrine internationale qui est Bruxelles et Bruxelles a besoin, n'est-ce pas, de la Wallonie. Il y a là une masse de population francophone qui est un soutien extraordinaire à Bruxelles par rapport à une volonté de flamandisation de la ville. Donc, vous pouvez très bien déboucher sur un espace parfaitement cohérent.
JPJA : Un espace autonome, indépendant, Hervé Hasquin ?
HH : On peut toujours spéculer sur l'histoire. En tant qu'historien-analyste politique, il faut tout de même savoir que les états naissent, évoluent, disparaissent et renaissent sous une autre forme. C'est ça l'histoire, c'est ça la vie. Après tout, un pays est composé d'hommes et de femmes qui, dit-on, dont les cellules changent tous les 7 ans, il n'y a pas de raison que l'état dans lequel ils vivent et qu'ils font n'évolue pas lui même. La vie, c'est le changement.
JPJA : OK. Je vais poser la question à Paul-Henry Gendebien, Bruxelles, qu'est-ce que vous en faites en cas de rattachement à la France ?
PHG : Mais nous proposons aux bruxellois de nous suivre et en tout cas de décider par eux mêmes librement de leur destin.
JPJA : Est-ce que ce n'est pas la guerre alors avec la Flandre qui fait de Bruxelles sa capitale ?
PHG : Je crois qu'il ne faut pas partir battu d'avance. Il ne faut pas décider que nous allons nous soumettre, nous qui sommes quand même majoritaires d'une façon écrasante à Bruxelles, nous allons nous soumettre à la volonté de la Flandre. Flandre, qui, d'ailleurs, à un moment donné, hésitera quant au fait de poursuivre sa main mise sur Bruxelles, parce la Flandre devra choisir entre l’indépendance seule ou rester dans la Belgique avec Bruxelles. Or, la Flandre n'aime plus la Belgique.
JPJA : Question aussi, Paul-Henry Gendebien, et je retourne vers Hervé Hasquin après, qu'est-ce que la France a intérêt à avoir une nouvelle province ?
PHG : Je voudrais constater avant cela, je voudrais constater que monsieur Hasquin accepte l'idée que la Belgique est menacée puisqu'il parle déjà d'une solution de rechange. Cette solution de rechange pour lui, c'est la mini Belgique. C'est le Wallo-Brux, pour faire court. C'est un ensemble indéterminé, indistinct, qui s'appellerait peut-être encore Belgique, mais qui serait réduit au territoire de Bruxelles et de la Wallonie, qui ne serait absolument pas viable n'étant ni une nation, ni un état.
JPJA : Vous acceptez cela Hervé Hasquin ?
HH : Nous n'en sommes pas encore là. C'est une hypothèse peut-être pour le futur parce que pour moi quelle est la question...
PHG : Mais vous l'acceptez, monsieur Hasquin, cette hypothèse là, vous entrez sur le terrain ?
HH : Je dirais ceci en ce qui concerne la région de Bruxelles et la Flandre. C'est clair que quand on regarde la télévision flamande et les mémoires de Wilfried Maertens ont provoqué ce genre de débat ces dernières semaines. Vous avez aujourd'hui deux groupes en Flandre parmi l'intelligencia flamingante en Flandre, il y a ceux qui estiment que la Flandre n'a pas d'avenir sans Bruxelles et ceux qui estiment que l'on peut aujourd'hui abandonner Bruxelles. Donc, c'est vrai que si la Belgique existe encore, c'est d'abord parce qu'il y a le lien monarchique et deuxièmement, c'est parce qu'il y a Bruxelles où 90% de Francophones y habitent. Et les flamands, en tout cas une partie d'entre eux, se rendent compte du rayonnement extraordinaire de ce qui est la capitale d'une Europe de plus en plus grande et qui compte de plus en plus dans le monde.
JPJA : Alors ma question maintenant, la France quel intérêt a-t-elle de trouver une province comme la Wallonie ?
HH : Elle n'en a aucun. Et je vais vous expliquer pourquoi. Quand vous parlez avec les ministres français et les représentants politiques français, ils n'ont pas envie que la Belgique éclate. Parce que le gouvernement français et la république tiennent beaucoup à la pérennité de la langue française et au poids de la langue française à l'intérieur de l'Europe. Et ce qui permet encore aujourd'hui à la langue française d'avoir une grande importance dans l'Union Européenne, c'est le fait que les institutions soient à Bruxelles, capitale d'un royaume bilingue. Le jour où on fait de Bruxelles un district indépendant ou autre, la France sait que son influence, que l'influence de sa langue et de sa culture seront considérablement érodées.
PHG : Ce n'est pas notre hypothèse justement.
JPJA : Paul-Henry Gendebien, l'intérêt de la France ?
PHG : Ce n'est pas notre hypothèse. D'abord, nous ne serions pas une province, nous serions une région à part entière et Bruxelles pourrait être également une région à part entière avec les mêmes droits et devoirs que les autres régions françaises. Ensuite, l'intérêt de la France y serait multiple. Je pense qu'il y a le discours officiel d'un ministre en fonction de la république qui évidemment ne peut pas menacer un état voisin et ami, mais les autorités françaises savent parfaitement ce qui se passe chez nous et elles se préparent d'une manière discrète, bien entendu, elles se préparent à l'hypothèse d'une disparition...
JPJA : Il y a des contacts ?
PHG : Il y a des contacts entre tous les partis. Moi même, j'ai eu des contacts innombrables quand j'étais en fonction à Paris et je continue à avoir des contacts avec un certain nombre d'hommes politiques de gauche comme de droite.
JPJA : Dans le sens d'un rattachement ?
PHG : Dans l'hypothèse, effectivement, d'une disparition de l'état belge, les français sont beaucoup plus ouverts que ne le laisse entendre officiellement un certain nombre de ministres en fonction, non seulement dans la population, mais également dans la classe politique française. Ils y ont un intérêt économique. La France est massivement présente dans l'économie wallonne. 30 à 40 % des grandes entreprises en Wallonie sont sous le contrôle économique de la France. Il y a un intérêt politique à consolider la France dans une Europe
HH : Premièrement, n'oublions pas que le premier investisseur en Wallonie aujourd'hui, c'est l'économie flamande. Deuxièmement, il faut aussi demander l'avis de la population. Moi je constate qu'aux dernières élections, dans une province très francophile qu'est le Hainaut, une province en banane qui a 300 kilomètres de frontières avec la France, aux dernières élections fédérales en 2003, le Vlaams Blok à l'époque a fait plus de voix que les partisans du rattachement de la Wallonie à la France. C'est un élément qu'on ne peut pas ignorer.
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Apès l'interview, la première auditrice, intervenant avec son droit de réponse, était offusquée, vive et réprobatrice à l'écoute des propos séparatistes de Paul Henri Gendebien. Elle ne voyait pas une chance dans le rattachement à la France qui avait d'énormes problèmes. D'autres ont été plus mesurés dans leurs réactions.
Dans notre histoire, les invasions, nous en avons eu notre compte, en Belgique. Les Français, par exemple, nous ont rendu quelques visites qui n'étaient pas seulement pour nous envoyer des bêtises de Cambrai ou des trippes de Caen.
Alors, cette fois, si des "amitiés" ancestrales réveillaient une envie d'ouvrir d'autres frontières pacifiquement ?
Mais, un petit retour à l'histoire de Belgique par les moyens modernes de la conversation pourrait s'imposer après 175 ans d'existence.
Qui a-t-il de changer depuis les funérailles de Baudouin en 1993, funérailles qui avaient rassemblés des foules entières en provenance de partout en Belgique tout à coup unitaire?
Le nom "Belgique" pourrait d'ailleurs ou se subsister avec l'identité Wallo-Brux.
La Flandre, elle, n'a aucune intention de se rattacher aux Pays-Bas. La culture n'est pas la même et la langue a ses spécificités qui ne font aucun doute. La Flandre ferait donc cavalière seule avec ce nom, indépendante ou confédérée.
Nous en des habitudes de compromis, chez nous. Nous en sommes devenus les maîtres et il s'exporte bien et s'impose de plus en plus au niveau européen (observation de l'ex-ministre Wathelet). En fait, le Belge, en lui-même est un "produit" d'exportation reconnu de très bon niveau.
Cette séparation ne serait pas gratuite, loin s'en faut, dans la duplication des postes réduits dans leur attribution relative à la population. L'état belge déjà "fédéré" coûte déjà plus cher qu'avant "unifié".
Bruxelles, "accaparée" sans référendum comme capitale de la Flandre est entourée de territoires flamands. Ilot important et international, Bruxelles est pourtant à plus de 90% francophone. Donc, ce n’est pas demain la veille de se retrouver Flandriens.
Des communes à facilités auront, malgré ce que veulent certains, leur mot à dire dans un éventuel référendum.
Le bâtiment de la Communauté Flamandes, situés en plein Bruxelles, pourraient très bien servir par après d'ambassade de Flandres. Ce n'est pas l'ambassadeur qui s'en plaindrait car il aurait de la place pour étendre ses jambes.
Le Lichtenstein est bien plus petit que Bruxelles. Notre ville pourrait donc bien vivre en îlot sacré (et sacrément "riche") et continuer son rôle de capitale européenne.
Du côté 'français ou wallon", en somme, pas d'énormes changements, à peine un changement dans l'agenda avec une semaine plus tôt pour honorer la fête nationale et, aussi, une possibilité d'arriver en finale au Mondial dans 4 ans....
La saison passée, la RTBF avec "Questions à la Une" s'était posé la question de savoir quelles seraient les conséquences d'un divorce style "Tchécoslovaquie". Beaucoup de surprises à la clé en sont sorties.
Comme première de cette saison (le 6 septembre), l’émission remettait le couvert en y joignant l’aspect de la succession du trône en la personne du Prince Philippe. Avec « Qui veut la peau du Prince Philippe », comme titre, le décor était planté. Dans la presse flamande, les attaques contre sa personne se multiplient ces derniers temps. Déstabilisation de la monarchie ou simplement une couche de plus pour la scission de la Belgique
Tout reste à faire. Oui, mais, surtout, tout reste à dire à la pointe des crayons noircissant de petites cases.
La complexité de la tâche, si tâche il y aurait un jour, sera beaucoup plus ardue que de créer une Tchéquie et une Slovaquie. La Belgique aurait-elle des tendances à "barsten" (=crever) comme le hurle certains?
Toujours pragmatique, le Belge pratique l'humour et l'autodérision avec dextérité mais jamais avec défaitisme. Alors?
Mais tout "Ca c'est du Belge" aussi.
L'enfoiré : a voté, une fois, "non, peut-être"
Sur Agoravox, d'autres commentaires en provenance de France
"J'ai de la peine à quitter la ville parce qu'il faut me séparer de mes amis ; et de la peine à quitter la campagne parce qu'alors, il faut me séparer de moi", Joseph Joubert
"Ayez surtout le souci de séparer les choses du bruit qu'elles font.", Sénèque
"L'amour, c'est quand la différence ne sépare plus", Jacques de Bourbon Busset
"Se séparer, ce n'est pas quitter quelqu'un, c'est se quitter tous les deux.", Sacha Guidry
12:22 Écrit par L'Enfoir dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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03.09.2006
Nous sommes tous responsables
Sans le vouloir, sans en calculer les conséquences, nos petites manies nous font oublier des vérités.
Ce blog a été mon tout premier sur mon site propre en mars 2005. Il n'a pas pris une ride. Il s'est même déplissé un peu plus. Nous étions alors au début du printemps et vous rêviez d’une belle bicyclette toute neuve.
Pas loin de chez vous, un magasin de vélos paraissait bien près de vous combler.
Demain, c’était décidé, vous y alliez. Là, tout pour vous séduire, des vélos à 500 Euros, d’autres à 1000 Euros. Juste ce qu’il vous fallait. Très tentés, on vous renseignait sur les avantages, les inconvénients de l’un et de l’autre. Mais, voilà, vous vous rappeliez la pub que vous aviez reçue récemment d‘une Grande Surface dans votre boîte aux lettres.
Madame vous le rappellait d’ailleurs le soir même et vous incitait à y aller.
Pas de contestation possible donc.
Aussitôt dit, vous vous retrouviez devant le rayon des vélos, et, surprise, une fourchette de prix avec des promos alléchantes de 50 à 200 Euros. La salive vous en perlait presque au bout des lèvres. Comment résister à de telles offres promotionelles, comment pouvoir encore justifier devant son épouse du besoin d’aller au petit magasin du coin, surtout qu’ils paraissaient tout aussi beaux que les plus chers vus quelques jours auparavant. La décision est prise, vite un vendeur pour fixer son choix car les notices et les étiquettes n'étaient pas très explicites, il vous fallait un conseil et un peu plus de précision en fonction de vos besoins spécifiques. Vous aviez aussi des idées plus précises d’éliminer le petit excès de cholestérol et beaucoup de rêves, ne l’oublions pas…
Là, ce n’était pas gagné, personne dans les environs, un peu de recherche et enfin vous trouviez quelqu’un. Le logo du magasin à la boutonnière, c’est lui qui allait pouvoir définitivement éliminer tous vos doutes.
Déconvenue, le ‘brave gars’ n’était pas vraiment le responsable du rayon ‘jouets’, celui-ci était paraît-il en congé, mais ‘bonasse’, il allait essayer de vous aider. Les gens sont parfois bien gentils de vous accorder un peu de leur temps. Profitons-en donc.
Vous : Je voudrais faire du vélo en trekking, un peu en ville, un peu sur route, parfois en tout-terrain. Qu’est ce que vous me conseillez ?
Le vendeur du rayon ‘fruits et légumes’ : Trekking, que voulez-vous dire ? Tout est indiqué sur les étiquettes. Les vélos sont en promotion et ils sont tous bons. Mon gamin en acheté un la semaine dernière et il s’amuse bien avec sa bécane depuis lors comme un petit fou.
Vous remarquiez tout de suite que la discussion était mal partie et de guerre lasse, vous lui envoyiez un grand ‘Merci’ pour ses informations judicieuses.
Mais, quand il fallait y aller, fallait y aller ! Vous n’aviez pas l’intention de rentrer chez vous sans l’objet de vos désirs. C'aurait été s’avouer être incapable de choisir alors que tout était là et, en plus, à un prix imbattable et de plus, le week-end approchait et s’annoncait ensoleillé.
Alors, décision et à la caisse tout de suite (enfin tout de suite, je m’entends..)
Samedi matin, vite au garage pour monter les derniers gadgets. Heureusement, vous aviez les outils ad hoc (ça sert d’être un peu bricoleur, non) et en avant, pour la première ‘Aventure’. Quelques petits ajustements s’imposaient tout de suite à l’usage : les pédales sautaient un peu trop souvent au changement de vitesses. Ce n’était pas grave, après tout un petit réglage et, la prochaine fois, hop, le problème ne serait plus qu’un fâcheux souvenir. Et, puis, comment ne pas se rappeler le prix ‘sacrifié’ que l’on avait payé pour cette belle ‘Machine’ !
Le week-end suivant, ça ne s’arrangeait pas vraiment non plus: en roulant dans un trou, la roue avant commencait à grincer d’une manière assez désagréable: plus vraiment nécessaire la sonnette d’avertissement.
Il n’était malheureusement pas très judicieux de demander l’aide du magasin du coin et de se présenter à lui avec ce qui tout doucement, vous paraisait avoir quelques ‘petites’ imperfections notoires et rédhibitoires. Retourner à la Grande Surface, n’y pensions pas, se rappelant les conseils judicieux reçus, ce n’était pas beaucoup plus sûr ni engageant. Alors tout doucement, l’utilisation de l’objet de vos rêves se ralentisait et les périodes pendant lesquelles, il restait accroché dans votre garage s’allongaient de plus en plus. Le cholestérol n’avait qu’à bien se tenir ou devrait trouver des débouchés dans une autre activité.
Vous aviez certainement dû vous retrouver dans cette histoire ou dans une autre avec le même scénario. Si ce n’était pas un vélo, vous aviez certainement un autre achat dont vous n’aviez pas eu le plein aboutissement de vos désirs.
- - -
Mais, ce n'était et ce n’est toujours pas là le vrai ‘Danger’.
Vous êtes-vous posé la question du ‘pourquoi’ des différences de prix pour certains achats qui vous semblent de premier abord si ‘intéressants’ ? Comment, ce vélo a pu être vendu au 1/10 du prix de l’autre magasin?
La réponse : il est venu d’Asie, où la main d’œuvre n’est pas rétribuée aussi ‘justement’ que dans votre pays de cocagne.
Sans le savoir ou plutôt sans avoir essayé de le comprendre, vous êtes tombé dans le marché du « low-cost ». Par la même occasion, vous avez creusé l’écart avec le marché local. Vous avez donné un petit coup de scie de plus sur la branche sur laquelle vous vous trouvez.
Vous ne vous sentez aucunement responsable de la situation du commerce international. Et, pourtant…C’est, faux. Réveillez-vous, que diable.
On ne peut pas vouloir gagner un maximum de salaire et en même temps, payer ses achats au prix minimum. Ne sentez-vous pas que la corde va se casser ?
Payer le juste prix, d’accord, ça c’est la solution à adopter. Trouver le meilleur rapport ‘qualité – prix’. Vous ne vous souvenez pas de la courbe de Gauss ? Elle est ici aussi d’application. Trop bon marché, il y a ‘danger’, cela cache des filières inavouées. Trop cher, vous tombez dans le domaine du luxe ou du gadget que la pub va essayer de vous fourguer. Et puis, les plus nantis doivent pouvoir aussi écouler les deniers qu’ils ont durement gagnés dans un peu de luxe, pardi !
Une idée vous vient : si, j’achète des produits bon marché, je fais marché le commerce de ces pays en voie de développement, je fais un don généreux, ce sera ma ‘B.A.’ de la journée, mon opération Tsunami 12-12.
Et bien oui et non. Tout dépend du but à atteindre.
Si le but, c’est continuer à leur donner un bol de riz par jour. Oui, alors, on y est.
Certaines O.N.G. telle que OXFAM font du bon boulot en demandant aux nantis de payer un supplément de prix pour certains produits de la terre créés chez eux. Cette filière reste malgré tout marginale mais est parfaitement louable.
Le travail ‘Indoor’ par Sœur Térésa a été aussi une aide inestimable.
Si c’est leur permettre de naturellement s’élever dans le bien être tel que nous le connaissons par le don de vous même, alors, vous faites fausse route.
Ca ne marche pas aussi simplement, une minorité ‘plus’ adaptée, se trouve en première ligne, de nouveaux ‘Marchands d’esclaves’, parfois mafieux, vont largement passer à la caisse avant les autres et ceux-ci continueront à travailler comme au cours de notre 19e siècle. Ils recourent également aux enfants pour leur production au mépris des conventions des droits de l’enfant.
Ces nouveaux riches qu’ils soient Chinois, Indiens, Russes ou autres ont compris qu’il n’était pas de leur avantage que cela change et on peut être sûr que l’impulsion ne viendra pas de leur part.
Les Indiens, d’autre part, ont déjà le système de castes ‘imprimé’ dans leurs gènes ce qui renforce la ségrégation.
La mondialisation, l’ouverture des frontières, vous croyez que c’est vous qui l’avez voulue ? Vous vous en sentez tout enorgueilli d’avoir participé à son lancement.
Le tapage médiatique vous le fait croire, ça s’est sûr.
L’ouverture des frontières se justifie si les règles de commerce, de travail sont respectées d’une manière équivalente ou du moins très semblable. Si la distorsion existe et si de chaque côté de la frontière, les règles sont par trop différentes, cela devient du suicide économique. Bonjour les dégâts, la faillite est annoncée.
La Grande Europe, quelle aventure prestigieuse ! Pourquoi est-elle aussi difficile à mettre en place, alors que sur papier, sa construction devrait être profitable pour tout le monde ?
Malheureusement, un point revient inlassablement inachevé ou même pas ébauché : l’Europe Sociale ne suit pas et ne suivra, naturellement, pas le mouvement automatiquement. Une fois ensemble, les Européens discuteront de la manière de fusionner harmonieusement les règles et, croyez-moi, le P.P.C.D. (le nivellement vers le bas pour les non Matheux) sera certainement choisi dans la construction de nouvelles règles communes.
De toute façon, ‘Profitable’ ? Pour qui ? Pour vous ? Détrompez-vous.
Privatisation, restructuration, fusion, délocalisation, ‘outsourcing’, offshore, chômage, sont-ce des mots inconnus pour vous ou des étapes du changement ‘obligatoire’ et du ‘progrès’ tant désiré que vous subissez tous les jours?
Une société devrait être conçue pour le bien public, pour Vous, pour Moi.
Simplement, pour vous épanouir, pour vous permettre d’utiliser vos connaissances que vous avez acquises parfois durement pendant ces longues années d’écoles.
Et cela se gâte de plus en plus. La précarité s’installe. Les emplois à ‘durée indéterminée’ deviennent rares pour nos jeunes, si ce n’est le chômage qui les attend à la sortie de leurs chères études. Ceux qui passent le cap se battent bec et ongles pour garder leur place et leurs petites habitudes mais dans le stress des délais et des obligations de toutes sortes.
Les échecs pour trouver les emplois débutants des jeunes ont des raisons invoquées très multiples et souvent, parfaitement, injustifiées: trop ou trop peu qualifié, pas assez d’expérience, vos exigences sont trop importantes…et puis surtout, un jeune venant de l’ONEM coûte aussi un peu moins cher grâce à votre participation généreuse en temps que citoyen payant ses impôts.
Et, oui, les patrons, aussi, sont, comme vous, à la recherche du moindre coût. (Rappelez-vous l’histoire du vélo), Si ce n’est pas lui, les actionnaires, eux, le remettront bien vite dans la ligne du parti.
Pour le patron et les actionnaires, qu’est-ce la ‘Société Idéale’ ?
Réponse : des « machins » (je ne les nomme pas, car si vous savez ce dont je parle, ils seront peut-être obsolètes et remplacé plus tard par du ‘plus performant’) qui produisent automatiquement et sans cesse, qui ne coûtent rien, qui ne tombent jamais malades, ne râlent jamais, à destination de Clients solvables qui feront rentrer l’usufruit des judicieux placements des actionnaires. Vous voyez des employés dans cet environnement ?
Une Société est là pour être rentable, profitable, point. Une augmentation du chiffre d’affaire ou du bénéfice au pourcentage à 2 chiffres tous les ans, voilà, ce que l’on attend.
Les Fonds de Pensions américains ou autres ne sont certes pas innocents dans le processus.
Le nerf de la guerre, c’est l’Argent en Euros, Dollars, ou toutes autres monnaies, les ordinateurs convertiront.
Donc si vous êtes là, c’est qu’on a encore (mal/) heureusement besoin de vous (ça dépend du point de vue) pour faire tourner le moulin. Après… on avisera…on y pense déjà.
Il y a 2 manières d’augmenter le bénéfice : augmenter les revenus ou diminuer les coûts, c’est à dire, en gros, nos salaires.
Malheureusement, la concurrence devient acharnée dans beaucoup de domaines et les revenus se sont mit à fondre à cause du dumping obligatoire des prix pour rester dans la course.
Heureusement, l’ouverture des frontières a ouvert la porte à de nouveaux marchés, de nouveaux consommateurs. Ceux-ci, venant de pays en voie de développement ne sont, hélas, pas encore prêt à assumer ce rôle. Si le pouvoir d’achat n’y est pas encore, ils vont cependant donner un soutien inespéré à nos entreprises : leur main d’œuvre bon marché, parfaitement en dessous des normes et qui ne souffriront d’aucune opposition dans la discussion des patrons entre eux lors de leur prochaine partie de golf.
Travailleurs clandestins, délocalisations des entreprises ou seulement des activités vont être la planche de salut au détriment de travailleurs d’origine.
Aussi, ne l’oublions pas, si les travailleurs du 19e siècle et du 20e se sont battus à coups de grèves, de sang versé pour revendiquer un peu plus de bien être, pour avoir des conditions de travail un peu plus acceptables, un droit de prendre des vacances, un droit de vote, on pourrait retourner bien vite à cette période sans un réveil rapide de notre part car le pouvoir est occupé à prendre sa revanche et à reprendre ce qu’il a dû concéder.
Nous ne sommes pas encore arrivés sur le mur, mais on s’en rapproche à grande vitesse et inexorablement par notre léthargie ou notre incompréhension des nouvelles règles du Système.
Ce n’est pas pour rien qu’une certaine nostalgie des années ‘Golden Sixties’ durant lesquelles on connaissait le plein emploi, la consommation parfois à outrance, j’en conviens, et j’y reviendrai, naît chez les jeunes. On ne compte plus le nombre d’émissions de variété à la TV relançant les chansons d’autrefois, chantées non pas par de vieux nostalgiques mais par des jeunes de 20 ans.
Dans cette pénurie d’activités gratifiantes, la drogue fait vite son chemin chez ces jeunes et dans l’espoir d’atteindre un monde meilleur, plus vivable, plus motivant.
« L’argent ne fait pas le bonheur », voilà bien un dicton créé par le Capitalisme.
Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est la conserver, chantait ce cher Henri avec beaucoup d’humour.
Oui, c’est vrai, l’Homme n’est pas fait pour turbiner toutes les journées de sa courte vie, par contre, il ne peut vivre sans manger et je ne vous conseille pas d’aller vous rassasier au magasin du coin sans payer votre pitance en sortant.
L’argent est un outil sans plus. On peut vivre sans cet outil à condition que l’on puisse combler ses fonctions vitales, acquérir ce que l’on veut quand l’envie nous en passe par la tête. La pub est là pour nous fournir les idées qui viendraient à nous manquer.
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Prenons l’exemple presque caricatural du monde de l’Informatique que je connais bien pour y avoir travaillé plus de 30 ans. Je ne donnerai pas le nom de mon entreprise car cela n’a aucune importance, car la situation n’est pas vraiment différente ailleurs.
Je travaille dans une entreprise américaine et elle peut être (ou pouvait être) considérée comme un « Employeur de choix ».
Les règles d’éthique, le respect des employés me semblent avoir été respectés.
Mais avec le recul, quand j’entendais les conférenciers haranguer les ‘foules’ en les remerciant du travail effectué et que si cela avait été possible, c’est grâce à Nous, ils ont oublié de dire (ou alors, j’ai du m’endormir au mauvais moment), que si on avait pu nous éviter, il y aurait eu plus d’argent dans les caisses ou dans les poches des actionnaires.
L’IT, c’est-à-dire, le traitement de l’Information de la Société a été le domaine de mes préoccupations pendant ces nombreuses années et j’ai donc pu constater les évolutions, les restructurations successives. Ce sont les informations maintenues dans les bases de données, dont j’avais à me préoccuper, données qui ont évidemment une importance stratégique pour une Société. Aujourd’hui, une heure ou deux de panne ou de non accès à ces précieuses informations et c’est la panique assurée ou pour le moins, le chômage technique pour beaucoup de personnes.
Au début, chaque subsidiaire ou pays constituant la Corporation avait sa (ou ses) propre(s) machine(s), ses informaticiens, ses encodeurs et ses propres programmes à développer en partant de la feuille blanche. Tout le monde se connaissait. Les utilisateurs recevaient les infos comme ils pensaient en avoir besoin. Les programmes ‘clé sur porte’ étaient la règle. Pléthore de places d’informaticiens si jamais vous vous sentiez à l’étroit.
C’était au temps où Bruxelles brusselait. (J. Brel)
Les interconnections par réseau permettent ensuite par l’intermédiaire d’écran d’entrer les données sur chaque station de travail des utilisateurs: Exit, les encodeurs.
Redondances des tâches de programmation, soucis de comparer les fonctionnalités nécessaires et de les intégrer au niveau de la Corporation, furent les étapes suivantes.
La centralisation des programmes et des machines en des lieux de moins en moins nombreux, se traduit évidemment par des dégraissages de personnels (économie d’échelle).
C’est toujours ça de pris. Les télécoms et Internet arrivèrent. Un nouveau marché, de nouvelles méthodes de vente se présentent enfin d’une manière inespérée et créent le Boom des années 2000-2001 suivi par la bulle dotcom qui se termine par l’hécatombe dont on se souvient et dont on subit encore les effets. Les softwares tout faits, les firmwares vont signer la mort annoncée des développeurs ‘ancienne génération’. L’installation, la customisation, la maintenance vont devenir les seuls préoccupations de ces dits développeurs.
Les utilisateurs, eux, ne s’y retrouvent plus dans les rapports fournis par ces programmes du rayon ‘Tout fait’, ne trouvent pas les réponses à leurs problèmes. Certains rueront dans les brancards et puis s’écraseront, les autres irons voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Les télécommunications et les ordinateurs de plus en plus performants vont centraliser le tout à des milliers de Kms de leurs utilisateurs.
Cette facilité va générer de nouvelles idées avec l’apparition de pourvoyeurs de main d’œuvre à bon marché en provenance de l’Inde.
L’Outsourcing et l’Offshore sont nés.
Et très vite, ce mouvement prend de l’ampleur au point qu’en septembre 2004, CNN consacre un temps d’antenne de plus d’une heure pour d’abord aller voir la situation sur place en Inde et ensuite en discuter sous forme de débat à l’antenne. C’est dire le souci des travailleurs de l’autre côté de l’Atlantique.
Il y a vraiment péril en la demeure, pour un profit à courte échéance, les sociétés sont prêtes à céder leur ‘know how’ et leurs précieuses données comme leurs bases de clients et prospects dans des mains pour le moins douteuses ou qui n’ont pas fait preuve de l’éthique. Et si les décideurs et le management croient être à l’abri en ne consacrant que les tâches répétitives et sans grande valeur ajoutée, ils se trompent.
Les universités indiennes forment parfaitement leurs étudiants et quand un journaliste demande à l’un d’entre eux, ce qu’il voudrait faire et devenir dans le futur, sa réponse immédiate à été ni plus ni moins : ‘Je voudrais devenir quelqu’un comme Bill Gates’.
Je n’ai aucun problème à avoir des collègues de toutes provenances, et même, qu’ils me commandent à condition que leurs concurrences soient loyales, équilibrées et parfaitement en rapport avec le niveau de leurs connaissances, mais pas pour la seule raison qu’ils feront la même chose que moi pour beaucoup moins cher.
Très bientôt, L’IT aura mis les clés sous le paillasson.
Nos ‘chers Bangaloriens’ auront vite fait de trouver les serrures associées.
Je n’ai aucune doute que cela n’arrive, nos propres objectifs assignés par la direction pour l’année 2004 nous incitaient, pardon, nous obligaient d’ailleurs à avoir des ‘tendances suicidaires’. Et après, une fois à l’intérieur, une fois dans les murs, qu'ont-ils fait ? Sont-ils montéssur les marches de l’échelle sociale ? Ont-ils fait imploser l’édifice? Pas encore, en 2006. Mais rien ne prouve que cela se maintiendra ainsi;
Seul, Shiva connaît peut-être la réponse.
Je ne me suis pas mis à l’apprentissage de l’Hindi.
Ils ne m'ont aussi pas appris à dormir sur des lits à clous. Ils m'ont transféré sur un lit de la retraite.
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Quelle serait la solution à nos problèmes ? Une idée amusante, mais qui relève plus de la Science Fiction que de la vie de tous les jours.
Imaginons qu’à la naissance, nous soyons tous rentiers, tous possesseurs de biens durables disponibles à volonté pour réaliser nos rêves les plus fous. Tout serait gratuit et disponible. Un retour aux sources, quoi.
Les hommes préhistoriques se sentaient parfaitement heureux, ils trouvaient ce dont ils avaient besoin dans la Nature. La pub n’était pas là pour les pervertir, les informer de ce qui existe ailleurs, leur faire comprendre qu’ils n’étaient rien si leur existence n’était pas agrémentée de la TV et de la chère auto… Le Savoir est notre but actuel, cela apporte beaucoup de disciplines nouvelles motivantes et puis, la médecine est toujours là pour sauver les éclopés du stress généré par cette vie moderne.
Comment motiver ses bienheureux? Comment leur donner l’esprit d’innovation, de création ? Que feraient-ils pour remplir leur vie ?
Voilà le problème, et en fin de compte, peu enviable.
Non, je n’ai pas d’autres idées en stock. Pensez-y.
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Vous avez senti mon amertume, parfois ma colère et elles ne sont pas feintes.
Je ne vous ai rien appris par ces notes, j’en suis bien conscient et c’est tant mieux, car cela prouve que vous étiez déjà au parfum. Mais, de toute manière, elles ont eu le mérite de rassembler pas mal d’idées et de vous demander de rester vigilant dans votre job de ‘Consommateur’. Le moins cher n’est certes pas le plus performant, ni le plus profitable pour Vous en tant qu’Individu.
Je peux être considéré comme ‘doux rêveur’, mais seulement se poser la question si l’on se sent toujours synchro avec le but réel de notre Economique est bénéfique pour donner le maximum de chance au futur de nos enfants.
Et de toute façon, il a fallut choisir son camp, cela a été Davos ou Rio.
J’ai la chaleur dans le cœur, vous aurez compris ma direction de l'époque.
Apprenez que la course aux changements uniquement pour le changement est une course folle. Prenez du recul, ne vous laissez pas emballer dans un mélange d’idées reçues sans y réfléchir mûrement. Le but à atteindre est un monde meilleur tout simplement.
« Le monde est dangereux à vivre. Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire » (Einstein)
L'enfoiré
09:46 Écrit par L'Enfoir dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : entreprise, vie |
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27.08.2006
Vacances autrement
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Quand vous lirez ces lignes, vous serez probablement presque tous de retour au travail, ragaillardis (mais, c'est à voir), après des vacances bien gagnées ou avec un peu de chance, encore en attente de quitter le carcan dans lequel vous vous sentez parfois pour aller "prendre votre pied" sous des latitudes plus clémentes. Se ressourcer, comme on dit, c'est ça, mais c'est aussi bien autre chose que certains mettent déjà en chantier de manière volontaire.
La journaliste de la RTBF Anne-Michèle CREMER recevait, le 3 août, Marie-Paule ESKENAZY, la directrice de l’ASBL "Tourisme autrement".
Son choix musical: la Bande Originale du film "1492" (Christophe Colomb).
AMC : Cette ASBL Tourisme Autrement, on va en parler tout de suite. Mais Christophe Colomb, c'est la découverte de l'autre, c'est la découverte d'un autre continent, c'est aussi le tourisme ?
- C'était sans doute une première forme de tourisme, mais c'était surtout un tourisme qui était basé sur la curiosité. Evidemment, ça n'a pas fait que des heureux, ça a permis de découvrir l'Amérique et puis surtout ici c'est un clin d'œil, c'est une très belle musique, je pense que le matin, c'est une musique entraînante, c'est un clin d'œil aussi à l'Amérique Latine qui est une région que j'aime particulièrement bien.
AMC : Alors, l'ASBL Tourisme Autrement, il faut peut-être dire que vous ne vendez pas de voyages, vous ne dites pas aux gens "tiens, allez là bas, ça coûtera autant"
- Absolument.
AMC : Ce que vous voulez, c'est lancer la réflexion sur un tourisme autrement. Pourtant, on a l'impression que ces dernières années, justement, les gens font du tourisme plus responsable qu'avant. Ce n'est pas le cas ?
- Alors c'est évident qu'il y a une prise de conscience de l'importance de réfléchir à tous ces modes de consommation et aussi à la consommation touristique. Notre travail à notre ASBL veut promouvoir par un travail d'éducation permanente l'éthique et la solidarité à travers le tourisme. On parle de plus en plus de l'altermondialisme, c'est aussi une des composantes qui nous tient à cœur, c'est de respecter les populations, de respecter les communautés dans lesquelles se développent des formes de tourisme et de poser plein de questions. Je pense que c'est ça le rôle d'une association comme la nôtre, c'est essayer de responsabiliser le touriste et toute la chaîne du tourisme, d'ouvrir le débat sur des questions importantes, la relation entre le tourisme et l'environnement, entre le tourisme et les droits de l'homme, tourisme et justice, la relation aussi entre le tourisme et l'exploitation animale, la protection de l'environnement, vous voyez que vraiment il y a une vaste étendue de questions et de problèmes à poser. Nous ne possédons pas des solutions. Ce que nous voulons, c'est vraiment positiver le débat, nous ne sommes pas là pour donner la leçon à ceux qui pratiquent une autre formule de tourisme. Nous voulons être à côté de ceux qui prônent des valeurs éthiques dans le tourisme et faire en sorte que ces valeurs soient connues. C'est pour ça que nous allons créer, notamment en octobre, le premier salon du Tourisme Autrement pour à la fois présenter des projets qui ne sont pas connus et ouvrir le débat. Nous aurons plus d'une vingtaine de rencontres, de conférences, nous aurons un colloque sur la définition du Tourisme Autrement, sur les labellisations, faut-il ou non, comment, tout ça sont toutes des questions ouvertes, mais dans lesquelles on va apporter un maximum d'informations, parce qu'on pense, qu'effectivement, le touriste est quelqu'un de responsable et doit être de plus en plus responsabilisé et nous voulons être à ses côtés.
AMC : Comme vous dites, le touriste veut être responsable aussi, il y a de plus en plus de gens qui veulent partir autrement, effectivement, par rapport au tourisme...
- Effectivement, ça s'est développé, le tourisme responsable représente de 5 à 10% du tourisme actuel. Le tourisme est une industrie très importante. Elle se situe au troisième rang de l'industrie mondiale et c'est la première en termes de croissance. Cela représente 74 millions de jobs, c'est-à-dire près de 3% de l'emploi mondial. Le tourisme responsable est une petite partie de ces développements touristiques qui évolue. Ceux qui veulent pratiquer ce tourisme responsable, le veulent avec des notions d’éthique, de solidarité, d'éco-tourisme. Ceux qui veulent pratiquer le tourisme équitable ne savent pas toujours où s'adresser, cherchent des solutions, et parfois tombent mal dans leurs solutions parce qu'ils n'ont pas d'informations.
AMC : Alors justement, on va peut-être les aider un petit peu en détaillant certaines choses. Vous dites "le tourisme est une activité très importante à travers le monde", c'est vrai et il y a souvent cette réflexion sur le tourisme de dire "justement, le tourisme, il faut le développer dans des endroits où il n'y a pas beaucoup d'argent, le tourisme va leur donner de l'argent". C'est quelque chose que l'on entend souvent. Est-ce que ça, c'est du tourisme, c'est une réflexion justement éthique ?
- Je pense qu'on doit faire très attention à cette notion. On parle de tourisme de développement parce que je pense que c'est ça que l'on doit prôner. On dit souvent "grâce au tourisme, les régions se développent". Alors, nous, on pose un certain nombre de questions. Lorsque dans un pays pauvre, on veut développer une infrastructure touristique, qui paie le développement de l'infrastructure touristique ? Ce sont les autorités locales, ce sont donc les habitants. Premier problème, on ne leur a en général pas demandé s'ils étaient d'accord pour accueillir un gros développement touristique qui se fait au détriment de toute l'implantation locale en détruisant des valeurs aussi, des valeurs culturelles, en modifiant les rôles de travail, par exemple les agriculteurs, les pêcheurs sont employés dans l'Horeca, avec ou sans contrats, avec des contrats précaires et saisonniers. Donc, il y a toute cette problématique là qui n'est pas posée. On dit "on va faire du développement". Alors, on installe des grosses installations qui peuvent accueillir une quantité importante de touristes, donc aux frais des populations locales, mais les bénéfices du passage des touristes sont rapatriés dans le pays émetteur. C'est ainsi que la Knesset estime que 85% des montants engrangés, dépensés par ce développement touristique retourne au pays émetteur. On ne peut pas parler de développement grâce au tourisme. Il faut inverser cette composante. Il faut aussi savoir que l'Europe, nous les occidentaux qui avons le droit aux vacances, ce qui n'est pas le cas dans les pays dans lesquels nous allons souvent en visite où ce droit aux vacances n'existe pas. Nous avons ce droit depuis 1936 et c'est très bien, c'est un droit pour lequel on s'est battu, nos grands-parents se sont battus et nous en profitons. Encore faut-il savoir comment l'appliquer. Mais plus de la moitié des touristes dans le monde viennent des pays occidentaux. 8% des tours opérateurs occidentaux se partagent 70% du chiffre d'affaire du tourisme. Quand on dit que le tourisme permet le développement, je crois que ce n'est vraiment pas du tout aussi clair.
AMC : Alors justement, pour tous ceux qui ont compris ça, il se développe aussi, et on l'entend de plus en plus, du tourisme social où les gens disent "puisque dans les grands ensembles touristiques, effectivement, je ne vais pas aider au développement ni rencontrer la population, est-ce que je ne pourrais pas aller chez l'habitant, comme ça au moins je ferais du tourisme social puisque j'aurais une rencontre avec les gens, je verrais comme les gens vivent et je pourrais, effectivement, apporter quelque chose à ces gens" ?
- Ca part d'une très bonne intention et du désir, effectivement, de rencontrer l'autre. Mais c'est un tourisme, vous l'appelez un tourisme social, les vraies formes de tourisme solidaire, c'est-à-dire un tourisme avec lequel on se montre solidaire de la population d'accueil, sont des formes de tourisme dans lesquelles on prend toute une série de précautions. Parce qu'il y a une tendance actuellement aussi à se dire "on va aller chez l'habitant" avec le sous-entendu aussi parfois qui n'est pas aussi clair: "ça nous coûtera moins cher". Supposons que ce sous-entendu là n'existe pas et que ce soit vraiment basé sur l'envie de la solidarité. Ce n'est pas aussi simple que ça. Vous arrivez avec votre culture, vous arrivez avec vos moyens financiers, vos appareils photos et vous vous imposez. Vous oubliez que lorsque vous voyagez, l'étranger c'est vous, vous êtes un hôte qui vous invite, on ne vous a pas demandé de venir. Et donc, il faut avant de partir, réfléchir à ce que l'on va faire. Inutile de s'amener avec des vêtements parce qu'on se dit "on a des vêtements usagers, on va les apporter là bas, ça leur fera plaisir". C'est manquer de respect à la personne chez laquelle on va. Et lorsqu'on s'invite comme ça chez l'habitant, je crois que le préalable c'est effectivement de respecter ses traditions, ses coutumes, et de ne pas se laisser inviter. Pourquoi on devrait accepter d'être hébergé par des populations qui ont des moyens extrêmement limités sous prétexte de dire "qu'est-ce qu'ils sont accueillants, ils nous ont permis de dormir, c'était formidable". C'est manquer de respect. Il faut avoir une relation équitable. Et l'équité, c'est savoir qu'effectivement tout à un prix, un prix juste, lorsque l'on va chez quelqu'un et que l'on consomme de manière équitable, en respectant les prix. On va s'adresser aux commerçants locaux et on va respecter ces commerçants locaux, on va leur donner un juste prix. Il y a toute une réflexion à avoir avant de pratiquer ce genre de tourisme.
AMC : De plus en plus aussi, c'est le tourisme humanitaire. Là, vous ne pouvez qu'être "d'accord", non ?
- Le tourisme humanitaire, non. L'aide humanitaire des populations en détresse, sûrement qu'on est d'accord. Je pense qu'il n'y a aucune personne censée qui refuserait cette aide humanitaire. Mais le tourisme, pratiquer du tourisme humanitaire, c'est quelque chose qui me paraît tout à fait incongru. Je pense qu'on ne peut pas à la fois être vacancier, être en vacance et s'amuser et d'autre part, profiter et se dire "on profite d'un côté" et puis on se dit "non, on va quand même faire un petit quelque chose". Je crois que ça c'est se donner vraiment bonne conscience. Il faut faire très attention à cette forme de tourisme, parce qu'elle contient en elle-même des germes négatifs.
AMC : La réflexion que nous avons est peut-être très bien, mais on voit d'un autre côté les vacances à bas prix qui se développent, on part 15 jours, on n'a pas beaucoup d'argent, une semaine au bord de la mer, dans une piscine, de plus en plus loin parce que ce n'est pas très cher, et d'un autre côté, il y a ce tourisme comme vous dites responsable qui se développe. Alors est-ce que ce n'est pas ce tourisme là dont vous parlez, un tourisme réservé uniquement à l'élite qui a le temps de la réflexion, qui peut se permettre ça et un tourisme qui coûte plus cher ?
- Je ne crois pas que ce soit un tourisme qui coûte plus cher, je pense que c'est un tourisme qui respecte, effectivement, toute la chaîne du tourisme et qui donc accorde à tous un juste prix, le prix de leur travail. C'est vrai que c'est un tourisme qui nécessite une réflexion et que lorsqu'on arrive à la fin d'une année de travail, on n'a pas toujours envie de réfléchir. Alors c'est à chacun, sa conception. Si vous voulez effectivement avoir un comportement de consommateur responsable pendant l'année, poursuivez cette responsabilité là en réfléchissant aussi à la manière dont vous organisez vos vacances. Mais nous, ASBL, n'avons pas à juger de la manière dont chacun passe ses vacances. C'est vrai que pour une famille avec des enfants, c'est facile de partir, de se dire "tout est organisé". Mais même dans le cadre de ces voyages de tourisme de masse « all inclusive », qui ont des aspects à la fois positifs de pouvoir entraîner beaucoup de gens, de leur offrir du soleil et de la détente, le comportement du touriste est quelque chose d'important. Avoir le respect de la population là où on va, avoir le respect de l'environnement, avoir cette envie de se dire "on n'est pas simplement là transposés, on est là pour rencontrer l'autre". Je pense que c'est une dimension que l'on a un peu perdu de vue et qui devrait retrouver sa place.
AMC : Sur laquelle vous voulez réfléchir. Vous réfléchissez en tant qu'ASBL, vous travaillez avec les gens individuellement, vous les conscientisez, est-ce qu'il y a une réflexion qui se fait au niveau de certains tours opérateurs, par exemple, est-ce qu'il y a moyen de parler avec un tour opérateur et de dire "mais voilà, moi je veux des vacances équitables" ?
- Tout à fait, c'est ce que vous devez faire, vous devez absolument interroger votre tour opérateur, lui poser des questions et lui demander quels sont ses partenaires sur place pour vous assurer qu'effectivement vous ne tombez pas dans un piège de quelque chose qu'on vous annonce comme étant du tourisme responsable ou solidaire, et que vous allez découvrir sur place qu'il n'en est rien. C'est à vous, touriste, à poser les questions à vos partenaires, à ceux qui vous vendent des voyages.
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Que retenir de cette interview?
Ce que nous avons oublié dans notre volonté de nous échapper du train-train quotidien: "être simplement nous mêmes".
Chez nous, quand on rencontre un voisin connu, on communique, on se parle, on se partage les derniers cancans dans notre langue, on se donne dans ce besoin d'animal grégaire: l'Homme.
Hors de cet environnement, le vacancier qui veut sortir de l'ornière par toujours plus d'exotisme, n'a plus l'occasion d'assumer son rôle d'être social. Très souvent, on l'a tout simplement caserné dans le ghetto d'un club dans lequel on entre avec comme but ultime de s'amuser, de pratiquer un maximum de sports compris dans le prix du forfait. Que reste-t-il alors pour jeter un coup d'oeil en dehors de l'enceinte privilégiée? Pas de contacts vrais avec les autochtones. Quelques essais avec le sourire amusé pour parler la langue du pays avec le serveur qui a pris d'ailleurs l'habitude de vous adresser la parole dans votre propre langue.
Ce qui ne fait pas grand chose, car le temps passe toujours trop vite dans ces moments furtifs du bonheur payés à l'avance.
Alors, se croire tout permis chez l'autre est vraiment la pire des bévues. La période coloniale est bien derrière nous. Il faudra s'y faire pour les "nostalgiques". Soigner son image en ambassadeur à l'étranger devient vite un enjeu important sous plusieurs angles.
Les Américains ont appris très vite que l'hostilité à leur égard n'était pas une idée vague et qu'il fallait, chacun d'eux, en bon diplomate, enrayer le déclin de leur réputation. Les produits "made in USA" aussi ont pris du plomb dans l'aile. "Chaque citoyen a le droit et le devoir d'aider à construire les relations extérieures américaines", disait Sherry Lee Mueller, présidente du National Council for International Vistors. Ce ne sera pas chose aisée.
Essayons de changer de cap. Les pays visités ont quelque chose, que vous ignorez, à partager avec vous.
Apprendre à connaitre l'autre, à saisir ses envies, ses problèmes quotidiens est le premier souci du vacancier "moderne" et conscient de la différence avec lui-même qui est souvent à son avantage. Se présenter soi-même d'abord. Corriger l'idée automatique que l'on vous donne de "capitaliste". Que la vie ailleurs n'est pas nécessairement aussi joyeuse ni plaisante. Que les salaires non convertis en monnaie locale sudiste ne sont pas aussi généreux qu'il y parait. Car l'hospitalité proverbiale de ces pays n'est pas gratuite. Elle se permet d'espérer un retour en informations de "leur là-bas". Mais de quel sujet pourrait-on s'entretenir? Nous sommes tellement différents.
De manière écologique peut-être. En dehors des hôtels qui ont pris le rivage de beaucoup de lieux de vacances, un des exemples les plus flagrants du désastre provoqué par le tourisme est bien sûr ce qui se passe dans les eaux de la Mer Rouge au large de l'Egypte. Faire de la plongée sous-marine dans ces eaux cristallines est un véritable plaisir. Plaisir qui se résume aussi dans la dure réalité par la détérioration des fonds marins et des coraux. Depuis cette constatation des mesures ont été prises mais un peu tard.
Dans le même ordre d'idée, souvent dans ces pays au climat généreux, la prise de conscience du risque de détériorer l'environnement n'a pas encore effleuré ni la population ni les autorités qui ont beaucoup d'autres chats à fouetter. Les beaux lagons bleus font souvent l'objet de photos cartes postales. Dans trop de cas, malheureusement, ils ont perdu ce caractère idyllique et ont été remplacés par d'immondes ensembles de détritus de toutes sortes flottants sur des eaux toujours turquoise. Je ne jetterai pas une pierre de plus dans cet ensemble. La raison "naturelle" en est bien explicable. Hier encore, les déchets ménagers étaient simplement biodégradables et disparaissaient naturellement. Aujourd'hui, le peu de modernisme qui arrive à passer apporte des plastics et des détritus avec une longueur de vie bien plus importante. Je ne citerai pas les endroits où j'ai ressenti ce phénomène désolant, pour ne pas vexer. Je ne me permettrais pas aussi de juger ni encore moins de condamner. La misère fait pardonner beaucoup d'excès. J'aimerais simplement pointer le danger pour eux et avec eux.
Dans nos pays du Nord, la voiture a de plus en plus pris une place de deuxième plan au profit du bipède que nous sommes restés. Elle a simplement été canalisée, contrôlée, banalisée. Dans les pays plus "jeunes", encore minoritaires, la voiture est toujours restée reine de la route et surtout "patronne" de la ville. Le piéton n'a qu'à bien se tenir dans ce tumulte d'engins motorisés. Que nous reste-t-il à faire dans ce jeu de quilles? Pourquoi ne pas en discuter avec eux franchement? Quelle belle entrée en matière, non?
Le trekking à la mode, c'est bien parce que c'est déjà un "autrement". Mais cela reste insuffisant et trop éloigné, par son côté volontairement trop sportif et ce goût de trop peu en rapprochement avec l'humain.
Non, il ne faut pas construire des "châteaux en Espagne". Ils en ont déjà là bas, eux. Et depuis longtemps. Privilégiée, l'Espagne est sortie de l'éloignement par la grande porte de l'Europe. Non, on ne peut pas se permettre de casser les coutumes de ceux qui nous reçoivent chez eux avec le maximum d'efforts personnels.
Donner son avis et son expérience personnelle sur les constatations que l'on a pu se faire au sujet de notre manière de vivre, pas toujours au top de nos espérances et informer au mieux des risques d'une pollution non évalués sont des obligations essentiels. Ne pas tenir compte de ces avertissements gratuits reviendrait tôt ou tard en boomerang chez nous.
Et pour finir, le principal.
Sans vouloir aucunement faire la moindre ingérence dans leurs affaires politiques, je leur soufflerais une idée de responsabilisation. Je leur dirais que leur avenir se trouve dans leurs mains. Que notre "démocratie à l'occidentale" n'est peut-être pas la panacée mais qu'elle est un minimum pour les gens de bonne volonté. Que nous ici, nous faisons des erreurs mais que nous voulons les assumer et les corriger et que nous n'avons qu'à nous retourner contre nous même quand nous dévions des objectifs fixés pour le bien de l'Homme.
Voilà, ce que je leur dirais. Mais de cela, ils en sont conscients quand on voit le pourcentage de participation aux élections de jeunes nations sorties d'un immobilisme trop parcellaire.
Oui, nous en avons beaucoup de choses à partager, beaucoup d'idées à confronter avec les leurs en toute simplicité.
Le monde est en perpétuel changement. Les vases communicants fonctionnent toujours. Les pays dits riches d'aujourd'hui ne seront pas aussi nécessairement ceux de demain. Alors autant en prendre son parti en reliant les peuples dans une meilleure compréhension mutuelle. Cela éviterait des malentendus menant à des confrontations d'un autre temps.
Voilà, ce dont j'aimerais parler avec nos compatriotes du monde.
Les vacances, existe-t-il un meilleur moment pour arriver à cette fin?
L'enfoiré vacancier,
Citations:
"Le farniente est une merveilleuse occupation. Dommage qu'il faille y renoncer pendant les vacances, l'essentiel étant alors de faire quelque chose.", Pierre Daninos
"On mesure le bonheur d'un couple à leurs photos, et les photos se prennent pendant les vacances ; sans les photos de vacances, on ne pourrait jamais prouver qu'on a été heureux", David Foenkinos
"Mon éducation, je l'ai faite pendant les vacances", Osbert Sitwell
" Vacances : Période ou l'on dépense des centaines de francs pour savoir à quoi ressemble la pluie dans les autres parties du globe.", Robert Orben
19:42 Écrit par L'Enfoir dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vacance, exotique |
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